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Balades Cosmiques

critiques

Hellboy - Rise of the Blood Queen - La critique

18 Avril 2020, 00:00am

Publié par Norrin Radd

Hellboy - Rise of the Blood Queen - La critique

     Le confinement aura au moins présenté l’avantage de me permettre un rattrapage en règle de plusieurs films ratés à leur sortie en salle. On commence avec Hellboy, film sur lequel je partais avec un gros a priori négatif. Disons-le tout net : son échec critique et financier relève pour moi de la parfaite injustice. Reconnaissons toutefois que la bande-annonce non finalisée vendait très mal le métrage. Au final, la photo et les effets spéciaux semblent bien plus réussis que les médiocres images de série Z découvertes à l’époque sous nos yeux ahuris...

 

     Second constat : sur le fond, c’est beaucoup plus sombre et badass que les films de Guillermo Del Toro, qui m’ont toujours dérangé par leur aspect grand public. Hellboy n’a rien d’un boy scout ou d’un ado attardé, et les choses sont rapidement mises au clair sur ce point. Ensuite, après un audacieux et original combat de Lucha Libre, le film enchaîne rapidement les scènes et les personnages surréalistes et fidèles au matériau d’origine, tout droit sortis des planches tout en angles et en contraste de Mike Mignola. Ce sens du rythme est d’ailleurs un point fort du film : ça n’arrête jamais, on est sans cesse surpris, sans que l’intrigue ne s’installe dans une certaine routine.

 

     De quoi ça parle, au fait ? D’une sombre histoire de sorcière découpée en rondelles par le roi Arthur, alibi à l’exposition des origines et du destin de Hellboy. Au passage, Neil Marshall se permet le luxe de « refilmer » son invocation par Raspoutine, déjà exposée par Del Toro. Chacun se fera son avis sur les qualités et défauts des deux versions comparées...

 

     Autre bon point : les personnages. On s’attache rapidement à ces monstruosités sympathiques, et le scénario tente le pari audacieux d’un questionnement sur la moralité des « chasseurs de sorcières » humains, assorti d’un dilemme personnel pour Hellboy, un peu comme Clive Barker l'avait fait dans Cabale/Nightbreed, toutes proportions gardées. Au passage, Milla Jovovitch incarne parfaitement une sorcière maléfique symbolisant la tentation qui éloigne Hellboy de sa part d’humanité, et l’incite à régner sur l’Enfer.

 

     Quoi d’autre... Les combats, pour la plupart filmés en live, en costume de latex peint, avec une continuité et un découpage qui nous permettent d’apprécier leur brutalité, parfois dignes des cinématiques de God of War quand Hellboy se bastonne avec des géants titanesques. On notera d’ailleurs que le réal’, Neil Marshall (The Descent, Domsday...) semble vouer une passion pour les effets « en dur », c'est-à-dire les costumes et les décors à l’ancienne, tant le film ressemble à une démonstration technique de ce qui se fait de mieux en la matière. En outre, la violence n’est en rien édulcorée et il n’hésite pas à concocter des plans gores sans faire la moindre concession.

 

     Alors tout est parfait ? Non, bien entendu. David Harbour cabotine parfois un peu, l’intrigue a tendance à sauter du coq à l’âne avec un montage un peu sec, les effets spéciaux sont inégaux, mais on sent la passion dans chaque plan. Quelque part, je mettrais ce film sur le même plan que l’excellent Dredd, mal payé lui aussi, malgré son intention affichée d’adapter un comic-book sans le moindre compromis.

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Silver Surfer - Black - La critique

9 Février 2020, 02:00am

Publié par Norrin Radd

Silver Surfer - Black - La critique

     Cette mini-série consacrée au Silver Surfer revient aux fondamentaux avec le background métaphysique des premières planches de Stan Lee et Jack Kirby (que Gotlieb prit un malin plaisir à parodier à l'époque avec son "Patineur d'Argent"). Le "trip psychédélique" des débuts est ici poussé à son paroxysme par le dessinateur, qui s'amuse à tordre le Surfeur dans tous les sens en le faisant voyager dans l'espace et le temps. Cette distorsion de l'intrigue, sur le fond et sur la forme, permet ainsi de remonter aux origines du Surfeur, et de le placer face à un dilemme en cohérence avec l'esprit torturé du personnage, sorte de Christ cosmique qui porte sur ses épaules toute la souffrance de l'univers. De la philosophie, nous basculons alors vers la pure philosophie, qui nous rappelle les plus grandes heures du Surfeur sous la plume de John Buscema, Moebius, ou plus récemment le travail de Slott et Allred dans la collection All-New Marvel NOW ! Ça vient de sortir chez Panini pour 17€, et avouez que ça n'est pas cher pour un voyage cosmique.

Silver Surfer - Black - La critique

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The Mandalorian - Le bilan

28 Décembre 2019, 01:00am

Publié par Norrin Radd

The Mandalorian - Le bilan

     Le huitième et dernier épisode de la saison un de The Mandalorian venant de s’achever, le moment est venu de dresser un bilan. On a entendu ici et là que la série, spin-off de Star Wars, ne racontait rien, et n’apportait rien de nouveau à son univers. Après avoir vu Star Wars – L’Ascension de Skywalker, j’aurais tendance à dire qu’il s’agit là de sa grande qualité. En effet, à aucun moment la série n’essaye de prendre le contre-pied de son modèle, ou de chercher à montrer des choses inédites, mais s’inscrit au contraire dans le respect de la continuité des bases existantes.

 

     Des scénarios et une réalisation classiques mais solides, un personnage solitaire charismatique et attachant, des seconds rôles bien dressés (l’ancienne trooper, le droïd...), des situations tendues et des rebondissements bien sentis dans une atmosphère de western omniprésente... Tout cela fait de The Mandalorian un spectacle plus qu’honnête. En suivant un fil rouge (baby Yoda), le script distille les informations utiles et suit une réelle évolution, où le héros progresse constamment sur sa voie (« This is the way ! »). Psychologiquement, en s’humanisant (intéressant triangle de « famille recomposée », avec sa partenaire mercenaire et le bébé qu’ils escortent, changement d’opinion envers les droïds...), mais aussi physiquement, via l’amélioration de son équipement digne d’une montée de niveau dans un jeu vidéo ou un jeu de rôle.

 

     Intéressant développement de la mythologie Star Wars, également. Le « story arc » lié aux Mandaloriens est en effet assez fascinant, de par son côté tribal et son code d’honneur anachroniques dans un space-opéra. Comme quoi, pour une série « qui ne raconte rien », on n'y trouve plus de choses à se mettre sous la dent que dans les trois derniers films.

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Star Wars - L'Ascension de Skywalker - La critique de l'Odieux Connard

25 Décembre 2019, 01:00am

Publié par Norrin Radd

Star Wars - L'Ascension de Skywalker - La critique de l'Odieux Connard

     Oui, j'ai vu le dernier Star Wars, et non, je ne l'ai pas critiqué ici, car je suis plongé depuis la séance dans une profonde dépression, parfois entrecoupée de fous rires. Je n'avais donc franchement pas le cœur à critiquer ce... machin sans queue ni tète. Mais comme je suis sympa et que c'est Noël, d'une je vous offre ce magnifique cosplay en illustration, pour le plaisir des yeux, et de deux je vous propose une tranche de rire avec la critique de l'Odieux Connard.

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The Witcher - Le bilan

24 Décembre 2019, 01:00am

Publié par Norrin Radd

The Witcher - Le bilan

     À la demande générale de moi-même, et pour faire suite à mes impressions à chaud après le visionnage du premier épisode, voici venu le temps, non pas des cathédrales, mais de faire le bilan de cette saison de The Witcher, en évitant de répéter ce qui a déjà été dit.

 

     Tout d’abord, je dois faire mon mea culpa. J’avais en effet loué la clarté chronologique de la série, mais il s’avère, dès l’épisode quatre, que celle-ci s'applique en fait à reproduire le gloubi-boulga narratif de la saga. Ainsi, l’intrigue débute par la fin, à savoir le raid contre Cintra et la fuite de Ciri. De plus, le fil conducteur lié à chaque personnage est indépendant, et se situe bien avant cet événement, les Sorceleurs et les sorcières jouissant en effet d’une espérance de vie bien plus longue que la moyenne.

 

     Pas si évident à suivre, donc, bien que l’épisode sept tente de recoller les morceaux. Attention, à partir de maintenant ça va spoiler un peu. Globalement, on comprend donc que Ciri était destinée à Geralt, avant même sa naissance, suite à un pacte conclu avec l'ancienne reine de Cintra (sa grand-mère). Celle-ci n’ayant pas honoré sa promesse, le destin s’acharne contre elle et son royaume, en provoquant sa destruction et la fuite de Ciri. Par la suite, Geralt finira par la retrouver et, pour la protéger, la confiera à sa confrérie pour entamer sa formation de Sorceleuse. Ensuite, Yennefer prendra en charge son apprentissage de la magie, et l’intraitable sorcière se prendra d’affection pour elle.

 

     Ouf. La série parvient à retranscrire une partie de tout ça jusqu’à la rencontre entre Geralt et Ciri, en toute fin de saison, en attendant la saison deux déjà annoncée. Quelques libertés sont prises (dans les livres, Geralt rencontre bien Ciri par hasard dans les bois, mais lors de l'épisode des driades qui la capturent) et parfois, l’intrigue est comblée avec des adaptations très simplifiées des nouvelles (chouette, il y a la chasse au dragon du tome deux !). Que retenir de tout ça ? Selon mes goûts, deux épisodes très intenses : le troisième, où l’on assiste à l’« opération » de Yennefer, à vif, digne d’une réalisation de Clive Barker (Hellraiser), relatée en parallèle d’une chasse à la Strige menée tambour battant par Geralt toute une nuit. Ensuite, l’épisode cinq, qui fait suite au coup de mou de l’interminable épisode quatre (néanmoins indispensable, car on y prend connaissance du pacte liant Geralt à Ciri). Celui-ci relate en effet la rencontre entre le Sorceleur et Yennefer et, bien qu’elle ne soit pas totalement identique à celle du livre (très hot), elle reste parfaitement dans l’esprit (encore plus hot). Pour le coup, on a vraiment l’impression de voir les pages prendre vie, tant la nature de manipulatrice caractérielle de Yennefer est bien interprétée, et sa relation « je t’aime, moi non plus » avec Geralt respectée. Si Henri Cavill n’a pas toujours l’air d’être à l’aise dans le rôle, Anya Chalotra endosse le sien avec conviction et passion. L’alchimie fonctionne entre les deux acteurs (et c’était vraiment LE truc à ne pas rater), qui n’hésitent pas à s’impliquer physiquement (au niveau des combats, ou des scènes de nu sans doublure).

 

     Et donc, qu’est-ce qui ne va pas ? Eh bien, le casting est tout de même assez inégal. Ça ne joue pas toujours juste, et quand vous collez des oreilles d’elfe à un acteur moyen, ou que vous le confrontez à une actrice au jeu aussi intense que celui d’Anya Chalotra, ça ne pardonne pas. En outre, l’aspect des personnages évoque souvent un Moyen-âge d’opérette très lisse, avec des coiffures de sitcoms, là où Game of Thrones s’appliquait à rendre l’aspect « un peu crade » de l’époque. Assez frustrant, quand vous offrez une scène digne d’un LOTR pour enchaîner avec un spectacle scolaire de fin d’année avec costumes en carton-pâte.

 

     Le bilan, donc. The Witcher est un coup d’essai réussi, même s’il tâtonne et prend ses marques. Pour tempérer les premiers échos, on est loin du niveau d'un Game of Thrones (les livres aussi, par ailleurs), mais tout de même pas à celui de Xéna la Guerrière. Un entre-deux, en somme. On trouve ce qu'on est venu chercher, sans se sentir floués. Parfois gênant, avec ses seconds rôles accoutrés de perruques et de lentilles, d’autres fois emballant dans son refus de faire des concessions, The Witcher s’avère au bout du compte fidèle jusque dans sa progression dramatique, où quand la légèreté de ton des débuts se voit rapidement écrasée par le poids de destinées tragiques.

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