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Balades Cosmiques

critiques

Conan le Cimmérien : Xuthal la Crépusculaire - la critique

24 Mai 2022, 00:00am

Publié par Norrin Radd

Conan le Cimmérien : Xuthal la Crépusculaire - la critique

Une cité tentatrice aux secrets morbides.

Perdu dans l’infini d’un désert de sable, Conan avance accompagné de Natala, une esclave à la beauté sauvage. Les réserves d’eau et de nourriture sont dorénavant épuisées et sous ce soleil de plomb, cela ne signifie qu’une chose : la mort. Tandis que les dernières forces de Natala l’abandonnent progressivement, Conan aperçoit au loin, vers le sud, une cité aux allures de mirage. C’est Xuthal. À cet instant, elle symbolise la vie et le salut aux yeux des deux amants, mais en pénétrant dans sa cour intérieure, le vide et le silence qui y règnent laissent présager du pire. Sur le sol, seul le corps d’un homme gît, froid et abandonné. Sans le savoir, Conan et Natala viennent de s’engouffrer dans la gueule d’un loup à la forme innommable : Thog, dieu de la mystérieuse et imposante forteresse.
Christophe Bec et Stevan Subic donnent vie à un récit captivant, morbide et chargé de sous-entendus érotiques. Une œuvre aux multiples niveaux de lectures qui fascine par sa beauté graphique et son verbe raffiné.

 

     Déjà le treizième tome pour cette collection à la folle ambition, qui consiste à adapter ou réadapter en BD (souvenez-vous des Arédit-Artima...) les nouvelles de Conan. Xuthal la Crépusculaire préfigure Les Clous Rouges et développe la même intrigue (Conan et une demoiselle en détresse se réfugient dans une cité perdue dans le désert).

     Le trait de Stevan Subic parvient immédiatement à retranscrire la brutalité sauvage et l'érotisme présents dans chaque ligne de Howard. Les muscles de Conan dépassent du cadre, les têtes volent, les femmes sont systématiquement nues, et il ne s'en excuse même pas. A la manière de l'Elric récemment paru chez Glénat, les auteurs s'amusent à mettre en images tout ce qui est suggéré chez Robert Howard, impossible à décrire dans les années trente.

     Mais il serait injuste de réduire cette histoire, et l'œuvre de l'auteur, au sexe et à la violence. Pour qui ne connaitrait pas encore ce classique, l'intrigue est rondement menée et nous tient en haleine jusqu'à sa terrifiante révélation. Le thème de la civilisation vs la barbarie si cher à Howard, ou bien le code d'honneur si particulier de Conan. Bref, une relecture on ne peut plus fidèle.

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Elden Ring - le patch 1.04

21 Avril 2022, 00:00am

Publié par Norrin Radd

Elden Ring - le patch 1.04

     Puisque tout le monde en parle, il est temps de s'y mettre. Cela dit, il faut du temps pour le digérer, ce Elden Ring... Son approche quasi-expérimentale de l'open world a de quoi dérouter. Balancé dans un monde sinistre, sans aucune explication sur ce que vous devez faire, et où tout le monde semble vous détester... vous ne pouvez compter que sur vous-même. Ou presque.

     Pourquoi c'est bien ? ER relève de la pure dark fantasy, méchante et cruelle. Les développeurs citent volontiers Michael Moorcock comme source d'inspiration, et on peut remarquer des emprunts évidents au manga Berserk. Et pourquoi pas, soyons fous, à la Divine Comédie de Dante (et aux illustrations de Gustave Doré), ou encore aux opéras de Wagner. Nous sommes donc ici plus proches d'un univers médiéval décadent qu'un Seigneur des Anneaux, pour situer. Pas de nain ou d'elfe, mais des demi-dieux fous et des damoiselles en détresse sont au programme.

     Curieusement, le sentiment de solitude et de mélancolie ressenti par le joueur m'a beaucoup rappelé le Death Stranding d'Hideo Kojima... Lors de votre traversée d'immenses plaines et collines (l'exploitation du relief est ici très importante), ponctuées de ruines et de crucifiés, le jeu exploite l'effet de sidération propre aux meilleurs jv (comme God of War III par exemple) en vous confrontant à des scènes surréalistes, sans jamais expliquer le pourquoi du comment. D'où vient et où va cette caravane trainée par deux titans écorchés vifs ? Vous ne le saurez jamais. En ce sens, il revient à la nature même de l'open world, en vous incitant à explorer un monde sans être assisté et sans suivre un script précis.

     Vous aurez forcément entendu parler de la difficulté légendaire du jeu, marque de fabrique des Dark Souls (dont ER se veut une suite spirituelle). Pour mieux situer les choses, ER est un jeu où l'on meurt souvent, en effet. Néanmoins, votre avatar peut ressusciter à volonté, et il vous est toujours possible de fuir l'ennemi. Autrement dit, ER est un "die and retry" où l'on ne se jette pas bêtement sur l'adversaire pour monter en niveau. Mourir implique "seulement" de perdre ses runes (la monnaie du jeu), et de devoir retourner sur place pour les récupérer.

     N'hésitez donc pas à profiter du moindre avantage. Ramassez des items, vendez-les à des marchands, et avec les runes récoltées achetez-leur du matériel, ou montez en niveau sur les "Sites de Grâce". Autre concept novateur : ces espèces de points de sauvegarde vous indiquent la prochaine étape de la quête principale via un trait lumineux. Vous pouvez aussi vous y reposer, préparer des fioles, upgrader votre perso... Et surtout vous téléporter sur la carte - et ce quel que soit votre emplacement - vers l'un de ces points,  l'une des seules "facilités" offerte par le jeu. Avec la bonne méthode, quand vous vous sentirez prêt, vous pourrez alors vous frotter à des boss de dix mètres de haut. Pour info, le premier boss, Margit le Déchu, est redoutable, et il m'a fallu atteindre le niveau 27 (et une centainte de tentatives) pour le vaincre.

     Et donc, tel Cyberpunk 2077, ER  nous prouve que l'avenir est aux action-RPG, à une heure où la popularité d'un jv se juge aux "speedruns" et aux mises à jour. Tout cela pour en venir à cette MAJ 1.04 dispo depuis hier, qui succède à une série de patches sortis en peu de temps. Notons qu'ER est l'un des rares jeux qui adapte sa difficulté au niveau supérieur, alors même que les joueurs s'en plaignent ! Plus honnêtement, beaucoup de fixs améliorent les armes et les sorts et amoindrissent les boss, tout en déjouant les ruses des speedrunners sautant d'un point à l'autre de la carte. Les détails ici, si ça vous dit de lire 500 lignes en anglais.

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Ms. Marvel - le trailer

15 Mars 2022, 01:00am

Publié par Norrin Radd

Ms. Marvel - le trailer

     Et si vous ne savez pas ce que c'est, ci-dessous le lien vers mes critiques du comic-book.

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Joker ce soir sur TF1

13 Mars 2022, 01:00am

Publié par Norrin Radd

Joker ce soir sur TF1

     Voilà c'est dit. Pour rester sur la bonne surprise de The Batman, ne ratez pas Joker. Le film n'est pas censé remonter le moral, mais en tout cas il est exceptionnel. Je ne vous refais pas la critique, elle est là.

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The Batman - la critique

6 Mars 2022, 05:00am

Publié par Norrin Radd

The Batman - la critique

     Après Joker, The Batman poursuit la relecture sombre et réaliste des personnages de Bob Kane et Bill Finger, en contrepied des productions Marvel, et en creusant bien plus profondément que ne l'avait fait Nolan. De toutes les adaptations ciné du Dark Knight, cette version est sans doute la plus fidèle aux comics. Ambiance film noir et détective au programme, jusque dans l'utilisation d'une voix off qui n'est pas sans rappeler les polars hard boiled de Raymond Chandler. Matt Reeves puise allègrement dans Year One (la première année d'exercice de Batman) et Un Long Halloween (qui introduit le mafieux Falcone), mais n'hésite pas pour autant à reprendre le meilleur des autres films.

     On peut ainsi discerner ça et là du Burton dans l'aspect gothique de Gotham City, qui a toujours représenté un personnage à part entière dans l'univers de Batman (oubliez les immeubles en verre désincarnés de Nolan), le cadre des élections municipales, les enjeux chaotiques finaux, ou dans les rapports "Je t'aime moi non plus" entretenus entre Batman et Catwoman. On peut aussi y ajouter des thèmes proches de ceux développés par Nolan, essentiellement le concept des vigilantes et des super-vilains masqués causés par l'apparition de Batman, et qui entraînent la disparition d'une Mafia "classique" (Falcone) au profit de fous masqués psychopathes.

     Notons toutefois que ces éléments scénaristiques sont des grands classiques des comics. Se sont-ils inspirés des films de Burton, ou bien est-ce l'inverse ? L'œuf était-il là avant la poule ? Toujours est-il que Matt Reeves reste dans les clous de l'univers Batman sans chercher à réinventer la roue, comme un Schumarrer ou un Nolan avant lui (et non, je n'aime pas les Batman de Nolan).

     Toutefois, The Batman fait avant tout et surtout penser à l'œuvre de David Fincher, et particulièrement à Se7en et Zodiac, à un point proche du plagiat où cela en devient parfois gênant (la pluie, le night club, la poursuite dans l'immeuble, l'examen de l'appartement...). Sans trop m'avancer, j'ai également noté quelques emprunts à la série de jeux vidéos Batman Asylum, dont la noirceur continue à influencer toutes les adaptations du personnage.

     Et donc, de quoi ça parle ? Tout comme dans Joker, Gotham est une ville au bord du gouffre. Souvent plongée dans la nuit, ou sous la pluie, elle emprunte des teintes crépusculaires infernales dans ses rares périodes diurnes. Le film se base sur un méchant assez peu exploité dans les versions ciné, le Riddler, alias l'Homme-Mystère. Un super-vilain obsédé par les énigmes, plutôt ringardisé dans les comics avec son costume vert, son masque de Zorro et son chapeau-melon. Ce choix judicieux permet d'accentuer l'aspect détective de Batman, peu utilisé dans les autres films, à travers une série d'indices codés qu'il doit décrypter. The Riddler est ici campé par un psychopathe surdoué communiquant - le film se déroule à notre époque - via les réseaux sociaux. Oubliez le cabotinage de Jim Carrey dans Batman Forever : il est ici question d'une série de meurtres glauques façon Se7en, voire même Saw quand le film s'engouffre dans la logique tordue du Riddler. Le personnage est réellement flippant, dans son parti-pris réaliste digne des serial killers de Mindhunter (une production... David Fincher ! Décidément...).

     Point de vue casting, malgré les appréhensions, Robert Pattinson campe un Bruce Wayne dépressif et monolithique, autant dire dans le ton. Toujours sur la brèche mais juste. Catwoman est on ne peut plus proche de sa version comics, dans son exposition étonnamment fidèle à celle de Frank Miller dans Year One (jusque dans la suggestion de son activité de prostituée et de sa bisexualité, même si le film reste timide sur ce terrain-là). Zoé Kravitz lui apporte juste ce qu'il faut de street attitude et d'impertinence, loin de la fadasse Anne Hattaway.

     Sur la forme, le film a l'immense qualité de prendre le temps d'exposer son décor, ses personnages, de poser la caméra pour filmer les scènes en plan large sans montage frénétique. Les présentations des personnages sont subtiles, et cohérentes: Batman tarde à apparaître alors que le public, tout comme les gangsters, croit le voir dans chaque zone d'ombre... Quoi de plus logique ? Une durée de presque trois heures offre le luxe de s'attarder sur les personnages. Le film est ainsi truffé de petites idées sympathiques (Batman voyeur face à l'appartement de Sélina, Batman serrant Catwoman contre lui pour la protéger, Sélina en caméra embarquée, ou encore un Pingouin aussi pathétique que l'original !).

     La musique de Michael Gioacchino fait quant à elle peser sur le film un couvercle de plomb avec son thème aux airs de marche funèbre, et là encore évoque parfois (pour être gentil) l'un des films de Burton et le thème de Catwoman composé par Danny Elfman. On regrettera peut-être la répétition du titre de Nirvana Something in the Way répété à tout bout de champ.

     Au final, tout n'est pas parfait. L'action, bien que filmée en plan large et fixe, ce qui nous permet d'apprécier son déroulement, manque tout de même un peu de punch. A cet égard, la poursuite en voitures n'apporte rien du tout à part remplir la case "course de voitures", et s'avère même assez illisible. Le final n'est pas aussi épique qu'il aurait dû l'être, bien que la métamorphose d'un Batman - initialement vu d'un sale œil par la police dans son excellente exposition - en guide du peuple est assez joliment troussée, et fait écho à la conclusion analogue du Joker.

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