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Balades Cosmiques

Rambo - Last Blood - La critique

5 Octobre 2019, 00:00am

Publié par Norrin Radd

Rambo - Last Blood - La critique

     Nous avions laissé Rambo sur le chemin du ranch où il a grandi, de retour chez lui. Logiquement, nous le retrouvons dix ans plus tard, vieux cow-boy Marlboro occupé à dresser des chevaux. Curieusement, le vétéran nihiliste parvenu au dernier stade de la misanthropie vit désormais avec une mama mexicaine et une ado, sorties d’on ne sait où, qu’il considère comme sa famille.

 

     Autant vous le dire tout de suite : Rambo – Last Blood a tout du bon gros nanar hardcore des familles des 80’s. Même Chuck Norris n’aurait pas osé. Le film tombe en effet dans tous les travers qu’avait su éviter John Rambo. Ça commence plutôt mal, avec une scène de sauvetage en forêt. Pourtant, sur le papier, l’idée semblait bonne. Rambo nous est présenté par le shérif local comme "un bénévole, un ancien vétéran cramé par le Vietnam, mais un bon traqueur". Après avoir dépassé le stade de super-soldat pour accéder au statut de dieu de la guerre dans le précédent film, il paraissait logique de retrouver Rambo face au seul adversaire désormais à sa hauteur : la Nature. Il aurait donc fallu le filmer de dos, telle une montagne vivante se déplaçant, imperturbable, au cœur des éléments déchaînés pour venir en aide aux mortels. Hélas, la scène est filmée n’importe comment, et ne parvient à aucun moment à iconiser Rambo, ou même à l’introduire correctement dans le métrage.

 

     Pire : le film n’est pas cohérent. Rambo qui, dix ans auparavant, coupait en deux le chef d’une section de l’armée birmane au couteau, est maintenant un tonton gâteau. On échappe de peu à une partie de Piñata avec sa nièce... Tout le reste est à l’avenant, car le film propose malgré tout quelques autres bonnes idées. Rambo vit dans un sous-sol, en écho à la fosse où il fut prisonnier au Vietnam, dont il n’arrive pas à se défaire.... Il creuse des galeries sans raison, comme pour s’évader... Il se blinde de médocs (qui devraient logiquement le faire trembler)... Il se fait avoir comme un bleu par des portables dans un milieu urbain, un environnement non naturel dans lequel il se trouve perdu... Il est vieux et se fait dérouiller... Le sort de sa nièce n’est pas édulcoré, pas de happy end au programme...

 

     Pourtant, rien de tout cela n’est véritablement exploité. Tout nous est balancé à la va-vite pour faire progresser une intrigue qui tient sur une feuille A4. Le trauma de Rambo, l'existence de sa pseudo-famille qui ne semble pas dater d'hier... Tout est exposé à travers des dialogues bien lourdingues là où John Rambo, derrière ses massacres, s’avérait bien plus subtil en nous faisant comprendre beaucoup de choses via des plans sans dialogues. Du cinéma, en somme.

 

     Pour dire vrai, on dirait qu’on a inséré le nom de Rambo dans un scénario bâclé qui ne lui était pas destiné. Et voilà qu’au milieu du métrage, pour faire bonne mesure, et nous rappeler qui est Raoul, l’homme métamorphosé en Bisounours par une ado se réincarne soudainement en vieux psychopathe plus violent qu’il n’a jamais été. C’est d’ailleurs là que le film devient un peu gênant, idéologiquement, avec ses hordes de Mexicains drogués violeurs menés par deux frères aux personnalités opposées (les acteurs jouent comme des savates, au passage). Et devinez quoi ? Non seulement ils font des saloperies dans leur pays, mais en plus ils traversent la frontière pour les faire aux USA...
 

     La question se pose : pourquoi ce film ? Pourquoi réaliser ce script, refusé pour Rambo IV, alors que ce dernier bouclait parfaitement la boucle ? Le générique a beau recycler le thème et les images de la saga en un baroud d'honneur, désolé mais la magie n'opère plus. Ce film-là, c'est pas Rambo, c'est pas ma guerre !

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