Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Balades Cosmiques

Cabal (Nightbreed) - Director's cut - La critique

18 Juin 2020, 00:00am

Publié par Norrin Radd

Cabal (Nightbreed) - Director's cut - La critique

     La découverte du director’s cut de Cabal, une version longue remontée longtemps considérée comme une Arlésienne, permet de constater l’impressionnante somme de scènes tournées par Clive Barker non retenues dans le montage final. On passe ainsi des 102 minutes de la version la plus courte à 155 minutes ! Et dans une version remasterisée d’après la pellicule originale, s’il-vous-plaît. L'histoire reste fondamentalement la même, mais il en résulte un film plus cohérent, où les motivations des personnages paraissent plus claires. Pourquoi Boone est-il obsédé par Midian ? Pourquoi le Dr Decker (excellent David Cronenberg) tient-il tant à le retrouver, et à exterminer les « Nightbreeds » ? Plus généreux également, alors même qu’il se montrait déjà très démonstratif avec sa mémorable galerie de monstres dans la version courte. La vision de Freaks modernisé, capharnaüm grotesque voulue par Barker prend ici toute son ampleur avec ses plans larges en plongée d’une cité souterraine grouillante de vie, traversée par des passerelles branlantes. Le serial killer est quant à lui plus actif, et incarne une menace plus présente et menaçante, fil rouge guidant Boon vers Midian avant de le traquer sans relâche. Notons toutefois que l’ajout de scènes manquantes, étalonnées et harmonisées au reste du métrage, reste parfois un peu abrupt, peu subtil dans la manière dont elles sont intégrées à l’intrigue.

 

     Pour le reste, le film conserve les mêmes qualités et les mêmes défauts. Une thématique forte, où les monstres (allégorie des exclus, des parias de la société) se montrent intérieurement plus humains que l’élite hypocrite, l’intelligentsia froide et cynique (le psy dont l’aspect rassurant dissimule une nature de psychopathe). Une atmosphère de conte macabre à la tonalité unique, associée à une incroyable démonstration des meilleurs effets de maquillage de l’époque portée par la musique de Danny Elfman. Mais aussi et surtout des scènes terrifiantes, pourtant tournées avec trois fois rien (la poursuite dans le cimetière, les tortures de l’Inquisition que l'on peut voir en intégralité dans les bonus...). Pour ce qui est des défauts, les personnages acceptent trop facilement l’incursion du fantastique dans leur vie, les rapports amoureux sont mièvres au possible et semblent sortis d'un soap (problèmes récurrents chez Barker, aussi bien en tant qu'auteur que réalisateur), et le casting n’est pas toujours au top (l’acteur principal, surtout).

 

     Le propos et la vision de Barker, déjà présents et appréciables dans la version courte, s’en trouvent ici renforcés car le film apparaît dorénavant mieux construit et plus riche. L’intrigue progresse moins rapidement, la découverte de Midian et de sa population est mieux amenée et le génie de Barker, expert incontesté de la maîtrise des dualismes Éros et Thanatos, fascination et répulsion, peut enfin s’exprimer pleinement et librement. Cabal, à l'image de Hellraiser, demeure unique en son genre, un OVNI du cinéma horrifique.

Commenter cet article